05/01/2009

Cours de rattrapage

Les cours d’appui privés – une mode ?

D’après un article dans la TdG de ce jour un quart des élèves genevois ont recours à des cours d’appui privés. Un phénomène assez répandu d’ailleurs partout en Suisse, semble-t-il.

On peut en effet s’interroger sur le pourquoi .

 L’enseignement est-il mauvais à Genève et ailleurs en Suisse ? Les exigences sont-elles trop élevées ? Les méthodes sont-elle inadéquates ? Depuis quand connaît-on une telle évolution ? Est-ce un phénomène de société, une mode , un peu à la manière du « psy » ?

L’adulte a son psy et l’enfant son répétiteur, et bientôt d’ailleurs également son psy, son assistant social etc.

Je vais essayer de répondre à ces questions, au moins partiellement, d’une façon plutôt spontanée en me basant sur mon expérience, sur mon vécu de parent et d’enseignant au niveau du secondaire.

1)      Je suis convaincue que l’enseignement en tant que tel n’est pas « mauvais » à Genève, mais les méthodes et manuels qu’on nous impose le sont !

Depuis une bonne dizaine d’années les méthodes choisies par nos « chefs »ne sont plus structurées. On saute constamment du coq à l’âne. On a abandonné la pédagogie explicite.

En allemand on fait par exemple dans une et même leçon « un peu d’accusatif, puis un peu de pronom relatif, et un peu de prétérit ». Mais rien n’est  fait à fond. Les règles qu’on donne aux élèves ne figurent que partiellement dans les manuels qu’ils reçoivent. Et d’ailleurs il vaudrait mieux apprendre par « immersion », sans devoir s’appuyer sur des règles. Donc soit l’enseignant tape ses propres feuilles de grammaire, structure "à fond" son cours, et ne tient pas compte du manuel ni des "ordres" reçus par l'hiérarchie, ou que partiellement, soit il suit à la lettre le manuel et l’élève ne pourra jamais se retrouver seul dans son livre. Impossible pour lui de reprendre un sujet sans aide.

Il est donc extrêmement difficile pour un jeune de se pencher sur un problème seul en face de son livre.

Mais le répétiteur ne fera pas nécessairement l'affaire, car même pour lui il sera difficile de se retrouver dans ces manuels socio-constructivistes !

2)      Je ne crois pas que les exigences soient trop élevées, en général. Au contraire, pour certains élèves on pourrait même encore demander plus. Mais, à condition que les groupes classes soient le plus homogènes possibles !

Et si nous avions des groupes plus homogènes, nous aurions également la possibilité d’adapter nos pédagogies à nos élèves. Expliquer les choses plus concrètement,  à leurs niveaux, parfois plus lentement, sans devoir ennuyer d’autres. Il y a des élèves pour lesquels il faut plus de drills, pour les rassurer aussi, d’autres comprennent plus vite, donc on peut aborder les choses différemment et aller plus loin.

3)      Mais il est vrai aussi que souvent les parents préfèrent engager un répétiteur, car l’enfant ne travaille pas quand il est seul. Il ne fait pas ses devoirs, quand le père ou la mère interviennent s’installent des tensions, donc mieux vaut prendre quelqu’un de l’extérieur.

Et même en classe, il est parfois difficile de faire travailler un enfant SEUL. L’habitude de faire les choses en groupe, à deux, en se tournant sans cesse vers les camarades pour obtenir une réponse le plus vite possible est devenue inquiétante.

Donc un phénomène de société également. L’école est une sorte de supermarché, on obtient la marchandise sur un claquement de doigts ! Tout doit tomber du ciel, et tout de suite, je vous en prie !

Pas le temps pour réfléchir, pour chercher, ne serait-ce dans un dictionnaire… c’est trop long, fatiguant, cela fait peur car on pourrait ne pas trouver, et cela c’est frustrant !

Et surtout pas de frustration, sinon il faut appeler au secours ! Le répétiteur, et puis le psy, ultime solution ?

 

Encore une petite remarque, à Genève, au niveau du secondaire I des cours d’appui et de dépannage sont offerts dans chaque bâtiment, sans frais.