28/02/2012

UN MERCREDI MATIN INDISPENSABLE

OUI au mercredi matin pour les 8-12 ans

 

Les arguments des opposants au mercredi matin, dans une brochure qui tourne actuellement notamment via leur messagerie professionnelle abusivement utilisée (!) sont un tissu d’erreurs et de mensonges. Prenons-les l’un après l’autre, et voyons de quoi il retourne

 

1. Genève applique déjà le PER avec l’horaire actuel.

C’est un mensonge ! L’anglais n’a pas encore été introduit. Et là où le PER a été partiellement introduit, en 1P, 2P et 5P à la rentrée 2011, c’est au détriment de la dotation horaire des disciplines artistiques.

 

2. Genève est dans la moyenne en temps d’enseignement

C’est un mensonge ! Sur l’ensemble de la scolarité obligatoire, Genève est le canton romand, avec le Jura, dont le temps d’enseignement est le plus faible. Le Jura vient d’annoncer qu’il augmentait ses heures et dépasse Genève. Genève est aussi le canton qui enseigne le moins d’heures pour les 8-12 ans.

 

3. Les heures du samedi ont été réparties sur 4 jours, l’horaire de l’écolier genevois a même légèrement augmenté

C’est un mensonge ! 1h45 d’enseignement par semaine a été perdue en 6P, 7P et 8P. A moins que les études soient toutes fausses et les comparaisons manipulées, la réalité est là.

 

4. Chaque canton organise son horaire, les Vaudois commencent à 8h30 et terminent à 15h30

C’est un mensonge ! Dans le canton de Vaud se sont les communes qui fixent les horaires, non pas le canton. Ainsi à Lausanne l’école s’achève à 15h40, à Yverdon à 15h35, à Vevey à 15h30. Pour obtenir une vision complète, il faut donner l’ensemble de l’horaire. Dès l’année prochaine les Vaudois iront l’équivalent de 18 semaines d’école en plus au primaire.

 

5. Deux tiers des élèves passent leur scolarité sans encombre

Les tests Pisa sont là pour démontrer que l’école genevoise va mal. Le PER renforce les exigences. Nous ne pouvons pas nous contenter constamment d’être en queue de peloton. Par ailleurs, les employeurs se plaignent de devoir recruter les candidats ne sachant pas calculer, ignorant les règles élémentaires de la rédaction, ne sachant pas lire couramment.

 

5. Les enseignants travaillent déjà le mercredi matin

Dans les autres cantons les enseignants enseignent 4 jours et demi par semaine et ils ont aussi des devoirs à corriger, des parents à rencontrer. Les enseignants genevois enseignent 154 jours par année, contre 171 dans les cantons de Vaud, Fribourg et Valais.

 

6. La loi augmentera les heures des petits en réduisant les temps d’accueil. Ce temps d’accueil est consacré aux élèves en difficulté

En 1P et 2P, il sera demandé d’arriver entre 8h et 8h30. Aujourd’hui 15% seulement des enfants arrivent après 8h30.

En 3P, il sera demandé aux enfants d’arriver à 8 h. Aujourd’hui 50% des enfants arrivent à 8h. 70% sont à l’école à 8h15, 85% à 8h30. C’est en 3P que la différence de temps d’enseignement entre Genève et les cantons romands est actuellement la plus marquée (20 périodes pour Genève, 22 à 27 pour les autres cantons).

De plus, les temps d’accueil ne sont pas fréquentés par les élèves en difficulté. Mais en fonction des horaires des parents. Quant au temps d’accueil l’après-midi, les modifications ne concernent pratiquement aucun enfant.

 

7. Les élèves entre 8 et 12 ans auront un horaire aussi chargé que ceux de 15 ans

Les élèves du primaire sont désavantagés car ils travaillent sur 4 jours. Au CO, en raison des passerelles beaucoup d’élèves ont 33 ou 34 périodes. Il est impossible de comparer le primaire et le CO. Au CO les élèves changent de professeurs, de discipline, de classe presque toutes les heures. Selon les jours ils peuvent avoir 8 périodes, le rythme est plus soutenu et les devoirs beaucoup plus nombreux.

 

8. Les heures de soutien en petits groupes n’augmenteront pas au contraire

C’est un mensonge encore : il y aura toujours autant d’enseignement en demi-groupes. Mais ils seront parfois déplacés vers d’autres disciplines. Si les professeurs de gymnastiques seront plus souvent seuls face à leurs élèves, il y aura davantage de demi groupes là où ils sont le plus utiles : en sciences et en langues.

 

9. Nous sommes d’accord pour ajouter 2 heures dans les 2 dernières années en fin de journée pour ajouter l’anglais

La SPG prétend ceci depuis quelques jours seulement. Il s’agit purement d’un argument de campagne.2 heures ne suffisent pas car les élèves doivent aussi améliorer leur français, les maths, l’allemand. C’est pourquoi il faut introduire, comme partout ailleurs, la semaine de 4 jours et demi.

 

10. Il faut laisser aux enfants des moments de jeu, pour leurs cours de musique

La semaine de 4 jours et demi est connue dans toute la Suisse, les enfants n’en souffrent pas. Les petits Genevois sont-ils en sucre ?

 

11. Les cours de musique ne pourront pas être déplacés

Le syndicat des enseignants de musique s’est retiré du comité référendaire suite aux travaux entrepris avec le DIP. Les milieux sportifs, à l’exception du Ski club Meinier, n’appellent pas à voter contre le mercredi matin. Ces milieux rejettent l’allongement des 4 jours d’école. Leurs activités ont lieu principalement en fin de journée.

 

12. Des parents, des responsables d’association sportives sont contre le mercredi matin

Aucune association faîtière sportive, culturelle, syndicale, de parents ne refuse le mercredi matin. Les référendaires ne sont pas soutenus.

 

13. Il existe des classes de 25, 26 voire 27 élèves…

Sur les 1653 classes au primaire, 20 sont fréquentées par 25 élèves et plus. Une seule classe compte 27 élèves, à Puplinge. L’enseignante est appuyée par une 2e enseignante ECSP. Parfois, il vaut mieux ajouter un élève à une classe plutôt que de ne pas accepter un enfant dans l’école de son quartier. La moyenne d’élève par classe est de 19,9 élèves.

 

14. Il existe des classes avec 3 degrés différents

C’est un mensonge ! Sur les 1653 classes, 1 classe est à 3 niveaux, à Saconnex-d’Arve. Cela permet de garder ouverte une classe dans ce petit village.

 

15. Il faut baisser le nombre d’élèves par classe, comme dans le REP

Les référendaires revendiquent 300 postes supplémentaires. Répartis sur 1653 classes ces 300 postes n’influeraient pas sensiblement le nombre d’élèves par classe et coûterait 40 millions de francs, sans compter les classes à construire à charge des communes.

 

Conclusion :

Le mercredi matin travaillé est une mesure qui s’inscrit dans la ligne directe du retour des notes, du refus des cycles bisannuels (l’ARLE en 2006). Certes, cela n’assurera pas de facto la mort du socioconstructivisme ni des méthodes nocives que notre école dispense aux élèves, mais il est un pas nécessaire.

Quant aux autres revendications des syndicats (plus d’encadrement, moins d’élèves par classe, plus d’argent…), rien n’empêche une fois le mercredi matin établi, de militer pour les obtenir !

Nous ne voulons plus une école du passé et dépassée !

 

Jean Romain