06/09/2008

instruction publique

Le chèque scolaire – une solution ?

Les initiatives pour le chèque scolaire se multiplient dans toute la Suisse. Des parents réclament le libre choix de l’école pour tous les enfants, avec des pédagogies à choix, adaptées à leurs enfants. Jusqu’à présent, seuls les parents aisés ou acceptants des sacrifices énormes pour offrir à leurs enfants « la meilleure école privée possible », pouvaient se permettre de choisir l’école.  Un phénomène qui a pris de l’ampleur ces dernières années en Suisse et particulièrement à Genève.

Jadis, la Suisse était réputée pour l'excellence de son école publique. C'étaient souvent les élèves à problèmes qui se retrouvaient à l’école privée. Mon voisin libanais me disait alors  : « La Suisse a d’excellentes écoles. Je suis très content de pouvoir envoyer mon fils dans une école publique ». Il y a 3 ans, il a changé d’avis. Il a sorti son fils de l’école publique pour le mettre dans le privé.  Il estimait que l’enseignement dans l’école publique n’était plus assez cadré, pas assez exigeant. Laxiste même, et  que les méthodes utilisées étaient farfelues. Il n’y a avait pas de suivi clair des élèves, les exigences étaient mal définies et il recevait sans cesse des messages contradictoires des enseignants.

Aujourd’hui les écoles privées peuvent choisir leurs élèves en fonction de leurs résultats, et certaines n'acceptent que les bons. Lorsqu'ils ont de mauvais résultats, ils retournent très vite dans le public.

A qui la faute ? L’école publique ou le changement des mentalités ? Enseignante depuis 30 ans à Genève, j'ai vu l’école devenir un supermarché dans lequel on choisit le produit le moins cher en pensant avoir tous les droits du client roi… !  Les politiques  ne se sont guère souciés  de son évolution laxiste. La pression des parents de certains milieux, pensant que la réussite scolaire est un droit, en a fait le lieu où il faut faire réussir les élèves, indépendamment de leur volonté de faire des efforts, de s’investir, bref de travailler. Il suffisait pour cela de réduire les exigences.

L’école est devenue place de jeu, où l'on s’amuse constamment. « L’enfant ne peut qu’apprendre s’il s’amuse, s’il a du plaisir », entendait-on. Le plaisir, façon Club MED, devenu maître mot de l’école! Des pédagogues et psychologues à la mode lavaient le cerveau des enseignants et des parents. Selon eux, l’enfant ne réussissait pas par la faute de pédagogies trop traditionnalistes et ennuyeuses. Apprendre des listes de vocabulaire  n’est effectivement guère fascinant et il fallait bannir la frustration de l’école, car elle est néfaste pour le bien-être, l’épanouissement et l’éducation de l’enfant !!!

Dans la vie de tous les jours, n'est-ce pas, le travail barbant et répétitif n'existe pas! La vie est toujours belle, sans problème, sans frustration…  Il fallait donc éviter de confronter l’enfant à la réalité ! L’école, lieu d'apprentissage essentiel de la vie, ne devait être qu’une expérience positive, sans accrochages, sans frustration... Sans travail si possible! Une idéologie gauchiste assez paradoxale, le communisme, une fois au pouvoir, ayant érigé le travail en dogme, du stakhanovisme soviétique aux camps de rééducation maoïstes.

Place aux méthodes socio-constructivistes dont on chante encore les louanges, aux  évaluations formatives prétendument seules valables, au très répandu zapping, sautant du coq à l’âne pour ne pas ennuyer l’enfant... quitte à l'empêcher d'aller trop au fond des choses... Seulement, la réalité impose un réveil brutal: tous les élèves ne parviennent pas à réussir dans le paradis scolaire socio-constructiviste. Très très loin de là.

Les écoles privées, beaucoup plus traditionnalistes, ont maintenu un enseignement   clairement cadré. Avec des pédagogies offrant à l’enfant la possibilité d’avancer pas à pas, et de vraies exigences, rassurant les parents. L’argent, sorti directement de la poche de ceux-ci, les incite à suivre leur progéniture de près. Ceux qui consentent à cet investissement le font parce qu'ils comprennent son importance et ils le font sentir à leur descendance.  L’école privée a occupé le terrain de la réalité que l'école publique avait abandonné au profit d'un rêve, d'une idéologie dangereuse.

A Genève, les choses changent à nouveau. Lentement. Tout n’est pas encore gagné, mais la conscience des différents partenaires s’est éveillée. L’école publique a de gros efforts à faire, pour garantir un enseignement de qualité, avec des pédagogies clairement définies et adaptées aux différents enfants. Il n’y pas besoin d’une concurrence entre écoles,  d’un étalage ou choisir la pédagogie X, la musique Y ou l’enseignement religieux Z. Comment d’ailleurs comparer les écoles entre elles ? Qui saura dire quelle école est la meilleure et la mieux adaptée à tel ou tel enfant ? La réussite d’un grand pourcentage d’élèves à la fin de l’année scolaire ne refléte pas forcémment la qualité de l’enseignement, quand on peut exclure au préalable les moins bons...

Comment les parents choisiront-ils l’école ? Ils n'ont pas tous la possibilité d’effectuer un choix réfléchi. L'Etat devra-t-il les aider à effectuer ce choix ? Si l’élève n’obtient pas les résultats escomptés, va-t-on le changer d’école 4, 5, 6 fois ou plus ?

L'idée du chèque scolaire est un avertissement sérieux à l’école publique qui doit tourner la page du prêt-à-penser socio-constructiviste pour se remettre au travail. En finir aussi avec les directions incapables de contrôler leurs établissements. L’école publique, gratuite, laïque et surtout exigeante, reste le meilleur garant de cohésion sociale pour notre démocratie. Les radicaux l’ont compris depuis fort longtemps. Ils resteront les défenseurs d'une école où effort et travail sont les garants de la réussite.

Ne transformons pas non plus les écoles privées en Etablissements d’Etat. Le secteur privé doit rester indépendant, sinon il perdra de son efficacité. Pour terminer, j’aimerais dire aux parents que leur présence auprès de leurs enfants, leur écoute, leurs exigences clairement définies, le cadre qu’ils imposent, leur fermeté, leur amour et aussi leur collaboration avec les enseignants sera certainement le cadeau le plus précieux qu'ils peuvent offrir à leur progéniture. Le meilleur atout pour l'aider à trouver sa voie.

Le nœud du problème, c’est la réussite scolaire des enfants et le chèque scolaire ne la résout pas. Au contraire, l'argent qu'il coûterait serait soustrait aux moyens nécessaires pour rendre à l'école publique les moyens d'accomplir sa mission: assurer l'égalité des chances. Pour tous.

28/08/2008

La Russie et l'EUrope

La Russie et l’Europe

Depuis des années je constate que l’Europe est à la botte des USA. Dans tous les domaines.  Quand la grande Amérique intervient militairement en dehors de ses frontières, peu de gens réagissent, mais quand la Russie défend ses intérêts en Géorgie, on trouve cela inadmissible. Et encore, cette nouvelle Russie  ne fait que soutenir des parties indépendantistes de la Géorgie qui se sentent plus proches des Russes, pour des raisons diverses. Et n’oublions pas non plus que c’est l’armée géorgienne qui est à l’origine des hostilités en Ossétie du sud.

 Quand il s’agit des USA et d’ailleurs également d’Israël,  il semblerait que tout soit permis. Israël peut même s’en prendre à des positions de l’ONU (2006, lors de la guerre du Liban), on ne s’en émeut guère.

Et puis le Kosovo ? Pourquoi les Américains sont-ils intervenus pendant la guerre de l’ex-Yougoslavie ?  Simplement pour transférer vers les Balkans la majeure partie des leurs forces européennes afin de mieux pouvoir se redéployer vers le Moyen-Orient.

Leur principale base  Bondsteel au Kosovo, couvrant 750 hectares, peut abriter jusqu’à 7000 soldats. Elle est constituée de 300 bâtiments en dur, de 25 km de routes asphaltées, de 52 pistes d’envol et elle est entourée d’un mur de 14 km en ciment. Cette base est également le premier employeur indirect du Kosovo, de 20'000 personnes.

L’éditorialiste du Washington Post en 1999 déclarait qu’étant donné la fragilité du Moyen Orient, le droit de survol aérien des Balkans par les Américains serait nécessaire pour protéger le pétrole de la mer Caspienne.  

Et l’Europe trouve tout cela normal. Le Moyen Orient, totalement déstabilisé, ne doit-il pas sa situation à l’Occident tout entier ?

Et la Suisse dans tout cela court à l’aide des Américains, en reconnaissant précipitamment l’indépendance d’un Etat, sans se soucier des lois internationales. Qu’elle ait d’autres intérêts dans cette indépendance, je veux bien le croire, mais encore faudra-t-il  pouvoir vérifier si cette politique est la bonne.

Alors, l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, en quoi est-elle différente de celle du Kosovo ? Certes, il n’y aura pas de bases américaines !

Pour ma part je préfère que sur le plan de l’équilibre mondial les Américains ne soient pas partout.

Il faudra enfin apprendre à compter avec cette nouvelle Russie, un pays qui connaît des richesses extraordinaires dans tous les domaines.  L’Europe ferait mieux de se rapprocher de cette partie du monde !

 

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11/06/2008

Les directeurs de l'école primaire

Faire moins avec plus

 

Ils étaient 25 inspecteurs….. ils seront 93 directeurs pour superviser  nos écoles primaires genevoises. Presque 4 fois plus nombreux. Rendront-ils nos écoles plus efficaces, les enseignants plus performants et les élèves plus scolaires ?

Je ne pense guère que les genevois soient si naïfs pour croire à une telle efficacité. Une administration gonflée n’a encore jamais amélioré le fonctionnement d’une entreprise ou d’un établissement scolaire. Si les 25 inspecteurs ne suffisaient plus, on n’avait qu’à augmenter leur nombre.

Chaque directeur dirigera environ 32o élèves. Il y aura donc des directeurs qui dirigeront plusieurs établissements et dans ces écoles il n’y aura même plus un responsable sur place, puisque la fonction de maître principal disparaît.

Certains anciens inspecteurs sont devenus directeurs et tout ce beau monde touchera un salaire bien supérieur à celui des inspecteurs : classe 24 ! 6 classes de plus que les enseignants, pour quelles compétences en plus ?

« C’est une opération financière neutre », nous dit Ch.Beer. Il s’agit là d’une désinformation. Car si les prochains 2 ou 3 ans l’engagement des directeurs ne « coûtera » rien au contribuable en  plus, c’est bien parce qu’il y aura une diminution d’élèves à l’école primaire pour des raisons démographiques. Alors au lieu d’économiser ou d’utiliser l’argent sur le terrain, pour les élèves les plus défavorisés, on investit dans l’administration. S’agit-il peut-être d’un investissement idéologique ?

Bref, l’exemple type d’un projet socialiste est très "social", n’est-ce pas ?

Au niveau des coûts la surprise risque d’être grande dans quelques années. Car il est certain que les directeurs auront des adjoints et des secrétaires !  Que fait un directeur sans ses sous-fifres.  Alors combien de millions coûtera toute cette mascarade ?

Encore une observation : dans l’appel d’offres pour les directeurs il était exigée une formation universitaire ou équivalente et 5 années d’expérience dans l’enseignement. Aucune mention de la maîtrise d’une langue étrangère. Pour la Genève internationale c’est tout de même incroyable, et c’est encore plus étonnant quand on sait qu’en 2011 nos enfants devront étudier l’anglais en plus de l’allemand à l’école primaire.

Les cadres du DIP n’ont pas besoin de ces langues étrangères, mais nos enfants ne pourront réussir leur scolarité obligatoire sans elles. Curieux tout de même !

Un petit espoir  existe encore : Si les députés refusaient le projet de loi concernant ces directeurs ?   Que deviendraient alors ces directeurs ? Peut-être des inspecteurs !

Mesdames et Messieurs les députés, un peu de courage ! Ne vous laissez pas mener par le bout du nez !

09/06/2008

L'école primaire et ses directeurs

93  DIRECTEURS A L'ECOLE PRIMAIRE

Une décision à la « soviétique »
Ou la démocratie à la façon Charles Beer

Dans un communiqué de presse au mois d’avril on nous a annoncé la nomination de 93 directeurs en lieu et place des 25 inspecteurs à l’école primaire, ainsi que la disparition de la fonction des maîtres principaux ……

A l’ordre du jour du prochain Grand conseil (semaine du 9 juin) figure un projet de loi du Conseiller d’état en charge du DIP inscrivant dans la loi les directeurs à la place des inspecteurs.

Cette loi doit être votée par le Grand Conseil, mais les directeurs ont déjà été engagés….

Cherchez l’erreur ! Est-ce que les députés du GC se font mener par le bout du nez par le chef du DIP et ses « souffleurs »?

Etonnant tout de même.

Pour ma part je trouve cela outrageant.

29/05/2008

Une bonne idée pour une bonne intégration

Limiter le nombre d’élèves non francophones par classe :

Excellente proposition

 

La proposition du président des radicaux M. H. Hiltpold est pertinente pour deux raisons principales :

1)      Les élèves non francophones s’intègreront plus facilement dans une classe avec des enfants à  grande majorité francophones, seront obligés de parler plus vite français car ils pourront moins facilement se regrouper entre eux, surtout s’il s’agit d’enfants parlant la même langue étrangère.

2)      L’enseignement pour les élèves francophones ne sera plus ralenti, car les 3-4 élèves non francophones dans une classe d’environ 20 enfants s’adapteront par la force des choses très rapidement avec une petite aide supplémentaire et une attention particulière de la part de l’enseignant.

 

C’est toujours la minorité qui s’adapte à une majorité à condition que cette dernière soit significative !

Donc il s’agit d’une proposition avant tout bénéfique pour les enfants non francophones sans qu’elle porte préjudice aux enfants francophones.

 

Une proposition pleine de bon sens !

 

Ceux qui prétendent le contraire, au nom d’une certaine idéologie, ne connaissent pas ou ne veulent pas connaître la réalité et nient l’évidence.

 

Quant à la réalisation, dans certains quartiers cela ne sera pas simple, mais avec un peu de bonne volonté on devrait pouvoir y arriver. Et  tous ces nouveaux directeurs (94 à l’école primaire ) qui coûtent bonbon au DIP et qui vont être d’une efficacité indescriptible, auront certainement d’excellentes idées pour trouver des solutions !  

 

 

 

 

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04/05/2008

Vacances scolaires: une répartition à revoir

823601822.jpgLa répartition des 13 semaines de vacances à l'école obligatoire genevoise est totalement déséquilibrée. En cette année 2008 la constation est particulièrement évidente. Entre les vacances de Noël et de février se sont écoulées 5 semaines, et entre ces dernières vacances et le congé du printemps (Pâques) les élèves ont eu 4 semaines et demie de cours! Par contre jusqu'à la fin de l'année scolaire (28 juin) il leur reste 13 semaines de cours ininterromupues autrement que par quelques ponts...

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12:12 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (7)