19/04/2009

NOTES TRAFIQUEES

NOTES TRAFIQUES DANS CERTAINES ECOLES GENEVOISES

L’article paru dans la tribune de Genève au sujet d’un doyen qui trafiquait des notes a retenue tout mon attention.

Il n’est pas tout à fait inhabituel d’entendre des collègues se plaindre de recevoir parfois un coup de fil de la part d’un collègue maître de classe ou d’un doyen pour lui suggérer de changer une note à la fin de l’année pour que l’élève en question soit promu.

Cela m’est arrivé deux fois quand j’étais jeune enseignante et comme j’ai refusé je me suis fait reprocher par cette même personne de vouloir bousiller l’avenir d’un jeune, un peu comme si l’élève n’était pas responsable de son échec !

Malheureusement à l’époque je n’avais pas la présence d’esprit de lui confirmer sa demande par écrit pour le coincer.

Par contre je suis pour ainsi dire certaine que ce sont des pratiques qui existent, même si elles sont rares. Il n’est pas d’usage de faire vérifier les notes dans les bulletins scolaires par tous les enseignants concernés. Le conseil d’école ne changera rien et n’est aucune garantie pour empêcher ce genre de procédé, car les bulletins scolaires sont envoyés aux parents ou élèves (si majeurs) directement par le secrétariat de l’école ou alors  le professeur de classe les leur remet.

Donc si la direction veut changer une note, elle pourra le faire sans aucun problème.

On peut tout de même espérer que la majorité des directions soit honnête et ne privilégie pas certains élèves !

Ou alors il faudra faire vérifier tous les bulletins scolaires par les enseignants concernés et/ou leur remettre une copie avec le tampon de l’école avant la remise.

 

Commentaires

Chère Marion,

"Rares", ces pratiques ?

Elles sont au contraire coutumières au DIP depuis des décennies ! Et institutionnalisées !

Tous les profs d'allemand du CO savent par exemple que les épreuves communes de cette branche sont nettement en-dessous des exigences les plus moyennes. Le REEL a étudié sur dix ans les épreuves communes de maths pour découvrir (c'est sur son site et sur celui de l'ARLE) que les élèves actuels de A sont en dessous des résultats de ceux qui étaient voilà 15 ans l'équivalent des B.

Innombrables sont les enseignants qui ont subi durablement les pressions de leur hiérarchie. Le prof exigeant, c'est l'ennemi à abattre ! Il dérange les petits trafics de la bonne conscience, de l'idéologie culpabilisée ou de la posture compassionnelle sans danger !

Le prof qui refuse de s'aligner sur la médiocrité ambiante risque tout simplement le harcèlement, et cela peut durer des années. Quant à dénoncer publiquement cette horreur, c'est risquer, n'est-ce pas, en plus des reproches de ses supérieurs, de se faire rappeler à l'ordre au nom du sacro-saint devoir de réserve... C'est pourquoi pas mal d'entre eux finissent par baster.

Le plus beau, c'est qu'alors tout le monde est content : directions, hiérarques du DIP, politiques, parents... C'est le fond du problème : cette tartufferie convient, après tout, à pas mal de monde...

Le plus moche, c'est le mépris des élèves que cette pratique suppose.

Heureusement que l'IN 134 prévoit des épreuves cantonales annuelles et bisannuelles à barème fixé d'avance et constant.

Écrit par : yves scheller | 19/04/2009

Cher Yves,
Au sujet des épreuves cantonales tu as tout à fait raison et cela fait longtemps que je dénonce ces pratiques.
Ce que j'entendais dire c'est que les notes finales dans les bulletins scolaires puevent être trafiquées parfois, mais je crois que c'est plutôt rare... Mais peut-être suis-je encore un peu naïve...!
Bien à toi
Marion

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 19/04/2009

Cher Yves,
Au sujet des épreuves cantonales tu as tout à fait raison et cela fait longtemps que je dénonce ces pratiques.
Ce que j'entendais dire c'est que les notes finales dans les bulletins scolaires puevent être trafiquées parfois, mais je crois que c'est plutôt rare... Mais peut-être suis-je encore un peu naïve...!
Bien à toi
Marion

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 19/04/2009

Eh oui- dans cette chère république tout est possible quand on est arrivé à monter dans la pyramide! Le "principe de Peter" s'avère une fois de plus être d'actualité: moins on est capable, plus on s'arroge de droits- dans notre cas- le droit de transformer des notes "comme c'est pour le bien de l'élève"! Et si un simple enseignant ose s'opposer à cette pratique, ose mettre en doute l'autorité qui a fait ces "adaptations" alors on le harcèle, le discrédite par tous les moyens et in fine - le déplace!!!
C'est beau la démocratie, tu ne trouves pas, Marion?
Salutations de Kenty 1.

Écrit par : Kenty 1 | 21/04/2009

Avez-vous déjà vu la pièce de Jean-Pierre Dopagne: L'Enseigneur ? Non ? C'est l'histoire d'un prof qui pète grave les plombs suite à toutes les misères qu'on lui fait subir. Ecrit il y a une quinzaine d'années, ce monologue est une vision tendre et cruelle de l'école. Très actuel. A voir absolument, sur la scène du "Moulin à Poivre" du 13 au 16 mai. J'offre un billet d'entrée à Marion.Pour plus d'infos: http://animots.org.

Écrit par : Bonaire | 03/05/2009

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