05/04/2009

UNE FOLIE DE PLUS DU DIP

9 ANNEES D’ETUDES UNIVERSITAIRES POUR DEVENIR ENSEIGNANT A GENEVE !

C’est absolument ahurissant, mais vrai.

A Genève, si vous voulez devenir enseignant au Cycle d’orientation ou dans une école du post-obligatoire et enseigner 2 branches, vous passerez environ 9 années sur les bancs de l’université de Genève, plus donc que si vous faites des études de médecine ou si vous voulez devenir avocat.

Récemment des étudiants de l’université de Genève, inscrits à l’IUFE (institut de formation pour les enseignants du secondaire I et II, qui existe sans aucune base légale. L’IFMES, l’ancien institut pour la formation des maîtres du secondaire I et II a été transféré par Ch. Beer en septembre 2008 à la Fapse et il est devenu l’IUFE) se sont constitués en « Comité contre l’IUFE » pour dénoncer une formation totalement dérisoire.

Pour pouvoir entrer dans cet institut il faut avoir obtenu un bachelor et un master dans une branche d’enseignement.

Pendant une première année vous devez faire un certificat complémentaire en didactique de la discipline de l’éducation (34 crédits ECTS). Initialement ces 34 crédits devaient se faire pendant le deuxième semestre de la 2ème année du master, mais actuellement pour des raisons pratiques il n’est pas intégrable dans le master. Donc ce certificat se fait pendant la 6ème année à l’université, bien qu’il ne représente pas une année de cours à plein temps, mais deux demi-journées de cours hebdomadaires.

Ensuite se rajoute le Master d’études avancées (MAS) qui est annoncée comme une année d’étude. Ce MAS comporte 60 crédits et consiste en une année d’étude à plein temps. Mais il doit être suivi parallèlement par un stage à mi-temps dans une école du CO ou PO. Et dans les faits il faut 2 années pour obtenir les 60 crédits.

Pour pouvoir enseigner une deuxième branche il faut encore faire un certificat de spécialisation de 30 crédits, donc une année d’étude en plus.

On arrive donc bel et bien à 9 années d’études universitaires.

Evidemment l’obtention du MAS et du certificat de spécialisation ne garantira en aucun cas un poste dans l’enseignement genevois à ces surdiplômés.

 

Commentaires

Nos autorités nourrissent peut-être l'espoir que dorénavant PISA établisse son classement en fonction des études des enseignants plutôt que sur la base des résultats des élèves.

Écrit par : Mère | 05/04/2009

Et malgré cela votre parti politique soutient le locataire du DIP avec une servilité assez suspecte, pour ne pas dire complice.


Est-ce un moyen pour votre champion de démontrer, le moment venu, l'incapacité du syndicaliste de service et reprendre en main le département mammouth?

Ce qui est malsain dans le système politique actuel, c'est cette incessante valse politique entre des personnes qui gouvernent ensembles mais qui ne sont pas d'accord sur le fond.

Vivement que nous puissions nous mettre au travail de constituant et changer ce système qui autorise toutes les perversités.

Que dire de l'IN134 ui émane de l'élite du corps enseignant et que le PRL combat avec férocité. Une autre démonstration de ce poker menteur dont le perdant est toujours le même...... l'élève!

Cordialement,
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 05/04/2009

"dont le perdant est toujours le même...... l'élève!"

Exactement.
D'après ce qu'on m'a dit, la formation avant se faisait en cours d'emploi. Si donc une personne découvrait qu'elle n'était pas faite pour l'enseignement, elle pouvait rapidement bifurquer sans avoir perdu trop de temps et d'énergie. Avec le système actuel, bonjour le gâchis possible. Non seulement un poste n'est pas garanti à la sortie, mais la vocation n'aura pas été éprouvée.

Exiger un master est tout simplement ridicule. Je suis persuadé que le métier, comme tous les métiers pratiquement sans exception, s'apprend sur le tas. Un savoir théorique peut être utile, mais ne remplacera jamais la pratique.

Le sabotage de l'enseignement public à Genève continue. Et pourquoi? Pour la gloire ou l'ambition de certaines personnes...

Écrit par : Johann | 05/04/2009

Je propose d'établir une liste noire des paradis pédagogos.

Écrit par : Jean Romain | 05/04/2009

Je pense que le DIP espère avoir de bien meilleurs enseignants qu'aujourd'hui, non ? Car ni vous ni M.Putallaz ne vous posez la question de savoir si ce n'est pas certains enseignants qui n'ont pas le niveau pour enseigner... Ah j'oubliais vous êtes tous les 2 enseignants ? Donc c'est bel et bien la faute des enfants, des parents, du système et de mai 68… Excusez-moi alors et vive le retour à l'école de Léon XIII.

Écrit par : Toxo | 06/04/2009

Toxo: Si vous pensez que la quantité peut remplacer la qualité,c'est votre point de vue, mais pas le mien.
La Fapse a visiblement besoin de donner du travail à tous les professeurs et chargés de cours engagées en surnombre. Cette faculté est totalement incompétente en matière de formation des professeurs au niveau professionnel.
EN fait, pourquoi vous cachez-vous derrière un pseudonyme ?

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 06/04/2009

Toxo=toxique
A la suite de Jean Romain je propose d'établir une liste des paradis du DIP.

A mon avis ils risquent d'être deep purple et psy...chadéliques et certainement plus nombreux que les fiscaux!

Écrit par : Charles Atan | 06/04/2009

Comparaison n'est pas raison...

Dans le Canton de Vaud la maturité se passe à 18 ans
et non à 19 ans comme à Genève. Pourtant les médecins
et les avocats vaudois ne sont pas plus bêtes que les
genevois.

Les instituteurs sont formés en 3 ans, alors qu'il en
faut 4 à Genève.

Pour devenir enseignant au secondaire I, il faut pré-
senter un Bachelor. La HEP propose alors une formation
en 2 ans dans trois didactiques de branche. La palette
des Bachelors reconnus est vaste puisque le Bachelor
en médecine ou en sciences pharmaceutiques décérné
après 3 ans d'études est reconnu pour l'enseignement
des sciences. Et que le Bachelor en théologie donne
l'accès à l'enseignement de l'histoire et de l'his-
toire biblique. Ce qui n'est nullemenent le cas au
DIP Genève, qui ne reconnaît même pas le Bachelor et
le Master en sciences de la Terre pour l'enseignement
de la géographie dans les écoles secondaire.

Pour devenir enseignant au secondaire II, il faut
présenter un Master. La HEP forme alors le candidat
enseignant en 1 an sur 2 didactiques de branche.

A Genève, non seulement le Master est requis pour
entrer en formation. Mais il faut encore décrocher
un demi-poste dans une école. Et compter 4 ans si
l'on souhaite se former sur 2 disciplines.

A l'heure où le Président du DIP parle de recon-
naissance des titres à l'échelle européenne selon
la Déclaration de Bologne, il est légitime de se
poser la question de savoir s'il ne faudrait pas
commencer par harmoniser les formations en Suisse
Romande.

Une chose est certaine : si le DIP Genève impose
une 4ème année d'études au porteur d'un Bachelor
in Preprimary and Primary Education vaudois pour
travailler à Genève, il ne faudra pas s'attendre
à ce que les Directeurs d'établissements primai-
res de Terre Sainte et de la région de Nyon ap-
pellent des genevois pour leurs remplacements.
Il y aura une mesure de réstorsion automatique.

Quant à la nouvelle formation des enseignants
secondaire, elle fait la part belle aux gens
en place à la FAPSE.

Madame Margarita Sanchez Mazas bénéficie ainsi
d'une nomination au rang de Professeur ordinai-
re pour les cours qu'elle devra dispenser dès
cet automne aux candidats enseignants. Qui ne
seront plus seulement examinés sur leurs pres-
tations comme c'était le cas à l'IFMES. Mais
devront passer des examens et obtenir des cré-
dits ECTS. En plus de leur charge d'enseigne-
ment. D'ici dix ans, le DIP aura mis la barre
des exigences tellement haut qu'il manquera
tout soudainement d'enseignants locaux. Et
qu'il faudra aller chercher des enseignants
en France, en Belgique et au Canada. Ou dans
le Canton de Vaud...

Personnellement, j'ai du mal à comprendre
pourquoi un enseignant doit passer 7 ans
d'études avant d'obtenir un poste de tra-
vail avec un contrat à durée indéterminée.
Alors qu'un étudiant en médecine de 2ème
ou de 3ème année voit déjà des patients...

Il y a vraiment de quoi méditer. Je ne
puis qu'inviter les jeunes générations
à envisager d'autres carrières que cel-
les des métiers de l'enseignement : mé-
decine, pharmacie, droit, sciences éco-
nomiques, bibliothéconomie, professions
paramédicales.

:-)

Alain FERNAL


Madame Margarita SANCHEZ-MAZAS, nommée le 02 mars 2009

Professeure ordinaire
Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation

Domaines: Relations interculturelles en éducation

Titulaire d’un doctorat en psychologie de l’Université de Genève, Mme Sanchez-Mazas a été assistante et maîtresse-assistante en psychologie sociale dans cette même institution, avant d’être nommée professeure à l’Université libre de Bruxelles. Elle est également responsable de formation à la Haute école de travail social (HETS) de Genève. La qualité de ses recherches et publications portant sur les thématiques de l’altérité et de l’égalité, appliquées aux rapports de genre et aux relations interculturelles – notamment en éducation – lui a valu une reconnaissance au plan international.

Écrit par : Alain Fernal | 10/04/2009

Je ne sais pas s'il est difficile ou impossible de revenir en arrière, mais on peut évoquer le passé pour en tirer parfois sinon un modèle pour l'avenir, du moins une mesure de bon sens.
A l'époque où Genève ne comptait encore que deux établissements public de préparation au diplôme de Maturité, le Collège Calvin pour les garçons et L'Ecole Supérieure des Jeunes Filles, et avant la création du Cycle d'Orientation, la formation des maîtres comprenait trois phases, dont je décris ici les éléments et les étapes principales:
1. L'acquisition d'une licence universitaire en 3 ou 4 ans;
2. Quelques heures de cours données par des maîtres dits "chevronnés", consistant essentiellement en la présentation de l'enseignement de la branche et des exigences attendues au niveau secondaire et de divers conseils sur la manière d'organiser le travail et d'assurer la discipline. Quelques heures de cours donnés par un Professeur de psychologie et portant sur les mécanismes de l'apprentissage. Quelques heures de cours de didactique sur la manière de noter les travaux. Ces heures ne représentaient pas une grande charge et ne faisaient l'objet ni de travaux ni d'évaluation. Les futures enseignants qui les suivaient étaient en même temps chargés d'une classe ou d'un certain nombre de cours, souvent mais non exclusivement dans la Division Inférieure du Collège ou de l'Ecole Supérieure. En période de manque d'enseignants, des postes partiels étaient confiés à des étudiants choisis par les directions d'école, et qui n'avaient pas encore terminés leur licence.
3. De stages d'un trimestre chez un futur collègue, qui comprenaient deux ou trois leçons à donner à la classe et pour terminer une leçon donnée en présence du maître de stage, du maître responsable de la formation dans la discipline et du directeur de l'école dans laquelle se déroulait le stage, auxquels se joignait exceptionnellement un représentant de l'Université. Cette leçon était notée et une note satisfaisante donnait droit à une reconnaissance permettant d'enseigner cette discipline.
Les reconnaissances acquises pour deux ou plus deux disciplines étaient transmises par la direction au Département de l'Instruction publique avec un préavis fondé sur le travail effectué par le candidat au cours dans la classe qui lui avait été confiée pendant ses stages, et dans une délai d'environ une année il était nommé dans l'Enseignement secondaire, d'abord à mi-temps et ensuite à temps complet.
Comme pour les autres ordres d'enseignement, la préparation au métier était donc avant tout pratique une fois que les diplômes universitaires dans les branches d'enseignement avaient été acquis.
Ce système s'est peu à peu étoffé, surtout à partir de la création du Cycle d'Orientation et de la multiplication des Collèges composant le Collège de Genève actuel. Genève s'est ainsi lancé peu à peu dans une voie qui privilégie de manière exagérée (certains diront également inutile) l'acquisition de diplômes et de titres universitaires supplémentaires presque entièrement dédiés à l'étude de sciences sociales et psychologiques, contrairement à d'autres cantons qui, à cet égard, ont su raison garder et ne s'en portent apparemment pas plus mal.

Écrit par : Mère | 10/04/2009

Vous êtes un peu à côté de la plaque...
Le CC (certificat complémentaire concerne les personne en tuilage, c'est-à-dire des personnes qui n'ont pas fini leur Master en Lettres ou autre et qui veulent démarrer le IUFE en parallèle. La maîtrise de l'IUFE se fait donc sur deux ans et non pas trois. A cela s'ajoute un certificat de spécialisation sur 1 année mais, franchement, dans la pratique, il n'est pas très utile...

Écrit par : Graciete | 13/11/2009

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