14/09/2008

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06/09/2008

instruction publique

Le chèque scolaire – une solution ?

Les initiatives pour le chèque scolaire se multiplient dans toute la Suisse. Des parents réclament le libre choix de l’école pour tous les enfants, avec des pédagogies à choix, adaptées à leurs enfants. Jusqu’à présent, seuls les parents aisés ou acceptants des sacrifices énormes pour offrir à leurs enfants « la meilleure école privée possible », pouvaient se permettre de choisir l’école.  Un phénomène qui a pris de l’ampleur ces dernières années en Suisse et particulièrement à Genève.

Jadis, la Suisse était réputée pour l'excellence de son école publique. C'étaient souvent les élèves à problèmes qui se retrouvaient à l’école privée. Mon voisin libanais me disait alors  : « La Suisse a d’excellentes écoles. Je suis très content de pouvoir envoyer mon fils dans une école publique ». Il y a 3 ans, il a changé d’avis. Il a sorti son fils de l’école publique pour le mettre dans le privé.  Il estimait que l’enseignement dans l’école publique n’était plus assez cadré, pas assez exigeant. Laxiste même, et  que les méthodes utilisées étaient farfelues. Il n’y a avait pas de suivi clair des élèves, les exigences étaient mal définies et il recevait sans cesse des messages contradictoires des enseignants.

Aujourd’hui les écoles privées peuvent choisir leurs élèves en fonction de leurs résultats, et certaines n'acceptent que les bons. Lorsqu'ils ont de mauvais résultats, ils retournent très vite dans le public.

A qui la faute ? L’école publique ou le changement des mentalités ? Enseignante depuis 30 ans à Genève, j'ai vu l’école devenir un supermarché dans lequel on choisit le produit le moins cher en pensant avoir tous les droits du client roi… !  Les politiques  ne se sont guère souciés  de son évolution laxiste. La pression des parents de certains milieux, pensant que la réussite scolaire est un droit, en a fait le lieu où il faut faire réussir les élèves, indépendamment de leur volonté de faire des efforts, de s’investir, bref de travailler. Il suffisait pour cela de réduire les exigences.

L’école est devenue place de jeu, où l'on s’amuse constamment. « L’enfant ne peut qu’apprendre s’il s’amuse, s’il a du plaisir », entendait-on. Le plaisir, façon Club MED, devenu maître mot de l’école! Des pédagogues et psychologues à la mode lavaient le cerveau des enseignants et des parents. Selon eux, l’enfant ne réussissait pas par la faute de pédagogies trop traditionnalistes et ennuyeuses. Apprendre des listes de vocabulaire  n’est effectivement guère fascinant et il fallait bannir la frustration de l’école, car elle est néfaste pour le bien-être, l’épanouissement et l’éducation de l’enfant !!!

Dans la vie de tous les jours, n'est-ce pas, le travail barbant et répétitif n'existe pas! La vie est toujours belle, sans problème, sans frustration…  Il fallait donc éviter de confronter l’enfant à la réalité ! L’école, lieu d'apprentissage essentiel de la vie, ne devait être qu’une expérience positive, sans accrochages, sans frustration... Sans travail si possible! Une idéologie gauchiste assez paradoxale, le communisme, une fois au pouvoir, ayant érigé le travail en dogme, du stakhanovisme soviétique aux camps de rééducation maoïstes.

Place aux méthodes socio-constructivistes dont on chante encore les louanges, aux  évaluations formatives prétendument seules valables, au très répandu zapping, sautant du coq à l’âne pour ne pas ennuyer l’enfant... quitte à l'empêcher d'aller trop au fond des choses... Seulement, la réalité impose un réveil brutal: tous les élèves ne parviennent pas à réussir dans le paradis scolaire socio-constructiviste. Très très loin de là.

Les écoles privées, beaucoup plus traditionnalistes, ont maintenu un enseignement   clairement cadré. Avec des pédagogies offrant à l’enfant la possibilité d’avancer pas à pas, et de vraies exigences, rassurant les parents. L’argent, sorti directement de la poche de ceux-ci, les incite à suivre leur progéniture de près. Ceux qui consentent à cet investissement le font parce qu'ils comprennent son importance et ils le font sentir à leur descendance.  L’école privée a occupé le terrain de la réalité que l'école publique avait abandonné au profit d'un rêve, d'une idéologie dangereuse.

A Genève, les choses changent à nouveau. Lentement. Tout n’est pas encore gagné, mais la conscience des différents partenaires s’est éveillée. L’école publique a de gros efforts à faire, pour garantir un enseignement de qualité, avec des pédagogies clairement définies et adaptées aux différents enfants. Il n’y pas besoin d’une concurrence entre écoles,  d’un étalage ou choisir la pédagogie X, la musique Y ou l’enseignement religieux Z. Comment d’ailleurs comparer les écoles entre elles ? Qui saura dire quelle école est la meilleure et la mieux adaptée à tel ou tel enfant ? La réussite d’un grand pourcentage d’élèves à la fin de l’année scolaire ne refléte pas forcémment la qualité de l’enseignement, quand on peut exclure au préalable les moins bons...

Comment les parents choisiront-ils l’école ? Ils n'ont pas tous la possibilité d’effectuer un choix réfléchi. L'Etat devra-t-il les aider à effectuer ce choix ? Si l’élève n’obtient pas les résultats escomptés, va-t-on le changer d’école 4, 5, 6 fois ou plus ?

L'idée du chèque scolaire est un avertissement sérieux à l’école publique qui doit tourner la page du prêt-à-penser socio-constructiviste pour se remettre au travail. En finir aussi avec les directions incapables de contrôler leurs établissements. L’école publique, gratuite, laïque et surtout exigeante, reste le meilleur garant de cohésion sociale pour notre démocratie. Les radicaux l’ont compris depuis fort longtemps. Ils resteront les défenseurs d'une école où effort et travail sont les garants de la réussite.

Ne transformons pas non plus les écoles privées en Etablissements d’Etat. Le secteur privé doit rester indépendant, sinon il perdra de son efficacité. Pour terminer, j’aimerais dire aux parents que leur présence auprès de leurs enfants, leur écoute, leurs exigences clairement définies, le cadre qu’ils imposent, leur fermeté, leur amour et aussi leur collaboration avec les enseignants sera certainement le cadeau le plus précieux qu'ils peuvent offrir à leur progéniture. Le meilleur atout pour l'aider à trouver sa voie.

Le nœud du problème, c’est la réussite scolaire des enfants et le chèque scolaire ne la résout pas. Au contraire, l'argent qu'il coûterait serait soustrait aux moyens nécessaires pour rendre à l'école publique les moyens d'accomplir sa mission: assurer l'égalité des chances. Pour tous.