11/06/2008

Les directeurs de l'école primaire

Faire moins avec plus

 

Ils étaient 25 inspecteurs….. ils seront 93 directeurs pour superviser  nos écoles primaires genevoises. Presque 4 fois plus nombreux. Rendront-ils nos écoles plus efficaces, les enseignants plus performants et les élèves plus scolaires ?

Je ne pense guère que les genevois soient si naïfs pour croire à une telle efficacité. Une administration gonflée n’a encore jamais amélioré le fonctionnement d’une entreprise ou d’un établissement scolaire. Si les 25 inspecteurs ne suffisaient plus, on n’avait qu’à augmenter leur nombre.

Chaque directeur dirigera environ 32o élèves. Il y aura donc des directeurs qui dirigeront plusieurs établissements et dans ces écoles il n’y aura même plus un responsable sur place, puisque la fonction de maître principal disparaît.

Certains anciens inspecteurs sont devenus directeurs et tout ce beau monde touchera un salaire bien supérieur à celui des inspecteurs : classe 24 ! 6 classes de plus que les enseignants, pour quelles compétences en plus ?

« C’est une opération financière neutre », nous dit Ch.Beer. Il s’agit là d’une désinformation. Car si les prochains 2 ou 3 ans l’engagement des directeurs ne « coûtera » rien au contribuable en  plus, c’est bien parce qu’il y aura une diminution d’élèves à l’école primaire pour des raisons démographiques. Alors au lieu d’économiser ou d’utiliser l’argent sur le terrain, pour les élèves les plus défavorisés, on investit dans l’administration. S’agit-il peut-être d’un investissement idéologique ?

Bref, l’exemple type d’un projet socialiste est très "social", n’est-ce pas ?

Au niveau des coûts la surprise risque d’être grande dans quelques années. Car il est certain que les directeurs auront des adjoints et des secrétaires !  Que fait un directeur sans ses sous-fifres.  Alors combien de millions coûtera toute cette mascarade ?

Encore une observation : dans l’appel d’offres pour les directeurs il était exigée une formation universitaire ou équivalente et 5 années d’expérience dans l’enseignement. Aucune mention de la maîtrise d’une langue étrangère. Pour la Genève internationale c’est tout de même incroyable, et c’est encore plus étonnant quand on sait qu’en 2011 nos enfants devront étudier l’anglais en plus de l’allemand à l’école primaire.

Les cadres du DIP n’ont pas besoin de ces langues étrangères, mais nos enfants ne pourront réussir leur scolarité obligatoire sans elles. Curieux tout de même !

Un petit espoir  existe encore : Si les députés refusaient le projet de loi concernant ces directeurs ?   Que deviendraient alors ces directeurs ? Peut-être des inspecteurs !

Mesdames et Messieurs les députés, un peu de courage ! Ne vous laissez pas mener par le bout du nez !

Commentaires

La semaine passée lors de l’émission « Genève à chaud » de Pascal Descaillet, Monsieur Follonier , d’un air angélique, faisait part de son étonnement et de sa désapprobation au sujet du procédé utilisé par Monsieur Beer : les députés sont tout bonnement mis devant le fait accompli. M. Follonier était pourtant parfaitement au courant de cette situation puisque l’Arle avait, depuis bien des mois, averti, personellement et publiquement (Invité dans la Tribune de Genève du 15 février 2008, voir mon commentaire précédent)du fait tous les députés du Gand Conseil !
L’exécutif se fout du législatif. Il outrepasse ses droits impunément. A quoi servent donc les 100 députés que le peuple a élus ?
Je me demande comment tous ces députés peuvent accepter de voir leurs droits et surtout leur devoir bafoué de la sorte. Combien de temps leur faudra-t-il pour oser réagir ? Auront-ils l’audace et le courage de refuser tout simplement cette loi que l’on tente de leur imposer, loi par ailleurs complètement ridicule voir imbécile.
Voyez-vous, j’en doute. Je crois avoir compris qu’en politique il y a réellement quelque chose de pourri et j’ai bien peur que tous nos élus soient de la même veine, pas un pour rattraper l’autre : l’ambition prime sur la raison et le bon sens. Quelle honte….à moins que je sois contredit lors du vote par le Gand Conseil….on peut rêver !
André Duval

Écrit par : Duval André | 11/06/2008

Bonjour André,

Cette affaire des directeurs est vraiment incompréhensible pour moi. Des députés de droite m'ont expliqué que les directeurs allaient enfin pouvoir contrôler efficacement les enseignants pour que ces derniers fassent "leur travail correctement".(appliquer les règlements etc)
Je pense sincèrement que ces gens n'ont aucune idée de ce qui se passe dans les écoles, comment fonctionnent les enseignants avec leur hiérarchie.
L'enseignant dans 99% des cas est de très bonne volonté, aime son métier et essaie de faire réussir un maximum d'élèves.
L'hiérarchie, les directeurs (en tout cas au CO que je connais mieux depuis l'intérieur) n'ont qu'un seul souci: "pas de problèmes, pas de vagues, de bonnes notes pour que cela passe auprès des parents, tout le monde est gentil et beau ..." Et comme en cas de vrais gros problèmes ils ne sont pas soutenus par leur hiérarchie etc.. ils trouvent toujours des "arrangements" avec tout le monde.

Souvent ils n'ont pas non plus les compétences pour contrôler les enseignants et ne s'entourent pas de doyens compétents. Il y a des écoles dans lesquelles des doyens responsables de l'allemand par exemple, ne parlent pas cette langue correctement. DOnc plus personne ne rend par exemple des épreuves à la direction pour vérification.

Maintenant quant à l'aspect financier l'engagement de 93 directeurs, d'une machine administrative à la soviétique, est d'une bêtise et d'une arrogance extraordinaire en plus dans un canton qui croule sous la dette.


Il est vrai que les parlementaires sont souvent débordés et que parfois ils n'ont pas le temps d'étudier les dossiers pour des raisons très diverses. Mais ce n'est pas une excuse.

Par ailleurs on raconte que la commission de l'enseignement du parti socialiste s'était prononceé contre l'engagement de ses directeurs. Intéressant, n'est-ce pas ?

Bien à toi

Marion

Écrit par : Marion Garcia | 11/06/2008

Ces députés sont des imbéciles.
1. Comme tu le dis très bien, la très grande majorité des enseignants du primaire font leur travail au mieux.
2. Ces directeurs, en effet, éviteront toutes les vagues qui pourraient venir « ternir » leur établissement !
3. Les inspecteurs étaient là pour contrôler ce qui se faisait dans les écoles, je ne vois pas en quoi un changement de « titre » provoquerait un contrôle plus performant des enseignants.
4. Ce genre de propos montre bien le mépris que ces députés ont du corps enseignant et rien ne leur fera changer d’avis, un âne est un âne et le reste.
5. Beer prétend financer ces directeurs en supprimant les maîtres principaux et les responsables d’école. Cette économie devrait servir à payer nos braves directeurs….et dans la foulée Beer se met à plat ventre devant la SPG et lui accorde la mise en place d’un maître adjoint dans chaque école….qu’il faudra bien payer ! Il n’y a donc aucune économie qui pourrait venir argumenter le financement de ces directeurs !
Ceci dit, cette nouvelle organisation du primaire est vraiment scandaleuse. Pour s’en persuader, je vous renvoie à la lettre de lecteur que j’ai écrite et qui est parue récemment dans la Tribune de Genève :

Les placards dorés du DIP

On vient de nommer 93 nouveaux directeurs au Département de l’Instruction Publique. Leur rôle ? En gros, ils sont censés remplacer les inspecteurs et les maîtres principaux actuels (ou responsables d’école), c’est-à-dire remplir les deux fonctions cumulées.
Qu’en est-il dans la réalité ? Leur cahier des charges les y autorise, ils délégueront les responsabilités aux enseignants dont ils ont la charge. Ainsi le travail effectué jusque-là par les maîtres principaux continuera à être assumé par le corps enseignant et le travail administratif par la secrétaire à laquelle ils ont droit.
Pensez donc, un directeur ne va tout de même pas distribuer le matériel en début d’année ! Il ne va pas non plus courir à l’économat chercher la gomme qui manque à l’un ou l’autre, s’occuper de la gestion de la photocopieuse, vérifier scrupuleusement la panoplie de la salle des travaux manuels ou encore perdre du temps à organiser une fête de Noël !
Résultat : sa fonction se résume à celle des défunts inspecteurs….avec quatre fois moins de travail puisqu’ils sont dorénavant 93 au lieu de 25 et un salaire royal de cadre supérieur comme cerise sur le gâteau. On vit décidément une époque formidable !

André Duval

Écrit par : Duval André | 11/06/2008

Ces députés sont des imbéciles.
1. Comme tu le dis très bien, la très grande majorité des enseignants du primaire font leur travail au mieux.
2. Ces directeurs, en effet, éviteront toutes les vagues qui pourraient venir « ternir » leur établissement !
3. Les inspecteurs étaient là pour contrôler ce qui se faisait dans les écoles, je ne vois pas en quoi un changement de « titre » provoquerait un contrôle plus performant des enseignants.
4. Ce genre de propos montre bien le mépris que ces députés ont du corps enseignant et rien ne leur fera changer d’avis, un âne est un âne et le reste.
5. Beer prétend financer ces directeurs en supprimant les maîtres principaux et les responsables d’école. Cette économie devrait servir à payer nos braves directeurs….et dans la foulée Beer se met à plat ventre devant la SPG et lui accorde la mise en place d’un maître adjoint dans chaque école….qu’il faudra bien payer ! Il n’y a donc aucune économie qui pourrait venir argumenter le financement de ces directeurs !
Ceci dit, cette nouvelle organisation du primaire est vraiment scandaleuse. Pour s’en persuader, je vous renvoie à la lettre de lecteur que j’ai écrite et qui est parue récemment dans la Tribune de Genève :

Les placards dorés du DIP

On vient de nommer 93 nouveaux directeurs au Département de l’Instruction Publique. Leur rôle ? En gros, ils sont censés remplacer les inspecteurs et les maîtres principaux actuels (ou responsables d’école), c’est-à-dire remplir les deux fonctions cumulées.
Qu’en est-il dans la réalité ? Leur cahier des charges les y autorise, ils délégueront les responsabilités aux enseignants dont ils ont la charge. Ainsi le travail effectué jusque-là par les maîtres principaux continuera à être assumé par le corps enseignant et le travail administratif par la secrétaire à laquelle ils ont droit.
Pensez donc, un directeur ne va tout de même pas distribuer le matériel en début d’année ! Il ne va pas non plus courir à l’économat chercher la gomme qui manque à l’un ou l’autre, s’occuper de la gestion de la photocopieuse, vérifier scrupuleusement la panoplie de la salle des travaux manuels ou encore perdre du temps à organiser une fête de Noël !
Résultat : sa fonction se résume à celle des défunts inspecteurs….avec quatre fois moins de travail puisqu’ils sont dorénavant 93 au lieu de 25 et un salaire royal de cadre supérieur comme cerise sur le gâteau. On vit décidément une époque formidable !

André Duval

Écrit par : Duval André | 11/06/2008

Je n'ai certainement pas la même vision de l'école que vous (ni que monsieur Duval), mais bon sang de bois, je suis fichtrement d'accord avec l'essentiel de ce qui est écrit ici!

Une nuance concernant les maîtres adjoints : ils sont indispensables au moins pour la transition... Comment un directeur qui ne connaît ni l'école, ni son fonctionnement, ni le bâtiment, ni le concierge, ni les élèves, ni le quartier, ni les réseaux locaux, ni les élus locaux pourrait-il TOUT SEUL endosser tous ces rôles dès ce mois d'août? Même payés en classe 24, ils ne peuvent pas faire de miracles et n'ont pas la science infuse...

Même si je pense que cette nouvelle hiérarchisation des rapports à l'intérieur du bâtiment scolaire n'a pas beaucoup de sens (et risque plus d'apporter des tensions et de la pression sur des enseignants qui en ont déjà bien assez), je suis prêt à laisser le bénéfice du doute à cette réforme, et voir ce que ça donne dans 6 mois.

Un bilan est-il prévu dans le courant de l'année scolaire? Je pense qu'il serait utile après 6 mois de prendre la température à la fois des enseignants, des nouveaux directeurs, des parents d'élèves, des élèves pour voir ce que donne cette réforme...

Ce serait plus que nécessaire.

Écrit par : Sandro Minimo | 11/08/2008

Charles Beer, comme Sandrine Salerno-Sommaruga aujourd'hui, adoptent l'attitude du cow-boy...on tire d'abord, on discute après...
Pour des gens qui vomissent leur antiaméricanisme...c'est au moins bizarre, que d'adopter la même coutume...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 28/08/2008

Moi je trouve que le Député Jacques Follonier fait
bien son travail.

Il est pharmacien, chef d'entreprise et il s'inves-
tit pour la Cité.

Les radicaux ont raison : il faut une authentique
HEP à Genève !


Communiqués de presse

Retrouvez ci-après les communiqués de presse du Parti radical genevois.


Réorganisation du primaire: Précédent dangereux

Pour la réforme de la formation des maîtres les radicaux déposeront un projet de loi visant la création d’une haute école pédagogique (HEP).

Le Parti radical genevois (PRG) ne partage pas la satisfaction « pro domo » manifestée ce jour par le département de l’instruction publique (DIP) au sujet de la réorganisation du primaire et de l’engagement de 93 directeurs.

Sans se prononcer sur le fond – trop de flou subsiste encore – le PRG regrette que le DIP, contrairement aux engagements pris au lendemain de sa défaite sur les notes à l’école, ait mis en place une réforme si importante avant d’en poser les bases légales. Le DIP a en effet engagé ses 93 directeurs ce printemps. Le projet de loi, visant à supprimer la fonction d’inspecteur et à créer celle de directeur, n’a pas encore été déposé alors qu’il était promis pour l’automne dernier.

A la forme, cette démarche revient à traiter le Parlement comme une simple chambre d’enregistrement. C’est un précédent dangereux et inacceptable. Afin d’éviter d’institutionnaliser les réformes sans bases légales, le PRG provoquera au Parlement le débat sur la formation des enseignants.

La motion radicale (M 1716) sur la création d’une HEP sera donc réécrite sous forme de projet de loi. Dans le cadre de l’harmonisation scolaire, le PRG tient à ce que la formation des maîtres à Genève soit cohérente avec celle des autres cantons.

Jacques Follonier, député: 079 203 56 56
Gabriel Barrillier, chef de groupe: 079 206 41 91

Écrit par : canard | 14/09/2008

@ André Duval & Micheline

Impressionnant les PDC !

Ils font de la pub pour Didier Bonny en se servant
des bons services de Pierre Ronget, adversaire po-
litique de Thierry Cerutti - et d'Alain Charbonnier,
qui semble largué...

Lire le blog

http://alerte.blog.tdg.ch/archive/2008/08/22/rdv-est-pris-avec-pierre-ronget.html

Écrit par : carabin | 14/09/2008

14.09.2008
Politique et prédation suite et fin
Par Pierre Béguin



Je le jure, j’avais décidé de parler d’autre chose. Mais la récente actualité – un débat, vendredi dernier au 7-8 de Radio Cité – m’incite à revenir une dernière fois sur ce sujet.

La création par Charles Beer d’une centaine de postes de directeurs dans l’enseignement primaire (avec la centaine de secrétaires en bonus et les cinq super directeurs dont les postes n’ont pas même été mis en concours) est, du point de vue pédagogique, tout à fait incompréhensible, pour ne pas dire d’une incroyable sottise: avec trois neurones et une once de bon sens, n’importe qui comprendra que, vu le manque de moyens, il eût été plus rentable pour l’efficacité de l’enseignement de renforcer le personnel sur le terrain (alors que, en réalité et malgré les dénégations de l’intéressé, pour financer ces postes, on a une nouvelle fois ponctionné les forces vives). Décision aberrante au plan pédagogique, et délire technocratique fort coûteux: alors que les anciens inspecteurs avaient près de 80 classes sous leur responsabilité, les nouveaux directeurs n’en ont qu’une vingtaine dans leur placard doré. Quatre fois moins de travail pour une paie bien supérieure! Le paradis! Merci qui?

Mais Charles Beer, ne l’oublions pas, n’est pas un pédagogue, loin s’en faut, c’est un politicien. Ses décisions ne sont donc pas pédagogiques mais politiques. Et sur ce plan, force est de reconnaître que celle dont nous parlons se justifie pleinement: une centaine de directeurs choyés, couvés, invités à des repas, bref à la solde du chef pour appliquer une politique que la population a refusée clairement et pour soutenir une réélection qui, finalement, seule compte. Gageons que l’élu quittera alors le Département de l’Instruction Publique qui ne l’intéresse guère pour un autre moins exposé. A cette fin, qu’il laisse derrière lui un marasme n’est qu’un dommage colatéral. De même, c’est dans cette seule logique politique qu’il faut comprendre l’incroyable silence de la droite libérale (elle pourtant si prompte d’habitude à s’en offusquer) face à ces dépenses aussi somptuaires qu’injustifiables.

De plus en plus, nos démocraties font la part belle à la prédation politique (avec G. Bush, les républicains américains ont poussé très loin cette logique). Certes, nous n’en sommes pas là à Genève (encore qu’avec le scandale de la BCG, nous avons fait un grand pas dans cette direction…) Mais force est de constater que, dans le domaine politique, les plus intelligents tirent les ficelles et évitent désormais de s’exposer, seuls les seconds couteaux, à quelques rares exceptions, montent au créneau. Et leur première préoccupation est d’y rester, par tous les mensonges. La plupart du temps, leur action est inutile, parfois même elle est désastreuse pour les départements dont ils ont la charge, toujours elle coûte très cher au peuple (les actuels conseillers d’état à Genève sont, à une ou deux exceptions, des représentations quasi emblématiques de ce postulat). Et pourtant, le citoyen continue de placer ses attentes dans le politique comme on attend l’amour ou Godot. Parce qu’il faut bien croire – en l’occurrence en l’idéal démocratique (moi-même qui vous écris sur le ton de la dérision, il m’arrive de croire en François Longchamp pour sauver le DIP, c’est vous dire si je rêve!)

Une chose est sûre: depuis vingt ans que ce département subit les attaques de ses prédateurs politiques, depuis vingt ans que les partis en font le siège et qu’ils s’acharnent à grands coups de bélier sur les portes de l’Institution pour en laisser entrer le clientélisme, on se demande parfois comment l’édifice tient encore debout. Peut-être faudra-t-il un jour se résoudre à en remercier les enseignants? Mais faites vite! La génération résistante part en retraite. L’hallali est proche. Le DIP tel que vous l’avez connu aura bientôt cessé d’exister et le retour sur terre sera rude pour la plupart des citoyens. Nantis mis à part…








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« Depuis vingt ans que ce département subit les attaques de ses prédateurs politiques, depuis vingt ans que les partis en font le siège et qu’ils s’acharnent à grands coups de bélier sur les portes de l’Institution pour en laisser entrer le clientélisme, on se demande parfois comment l’édifice tient encore debout. »

Mais Pierre, l’édifice ne tient plus debout depuis belle lurette, il est en lambeaux, dépecé, mais tout le monde fait comme si rien n’avait changé. Il est là le jeu : donner tête la première dans l’irréalité, faire semblant que tout continue alors qu’on a vidé l’enseignement de sa substance, qu’on a mutilé les élèves par les réformes, qu’on a transformé les professeurs en assistants sociaux et qu’on les a contraints au gardiennage, qu’on a piétiné toute autorité au motif qu’elle contredisait la liberté de l’élève. Tu te souviens, Pierre,tu te souviens : "apprendre à apprendre ", "mettre l'élève au centre", et toutes les inepties qu'il a fallu supporter.

Et nous récitons de concert le grand texte collectif : on va améliorer les choses, on va harmoniser les programmes, le bien est inévitable puisqu’on installe des critères de qualité ! Et si par hasard le réel montre encore le bout de son nez, s’il continue à bouger un peu, on a tout un arsenal de remèdes pour l’anesthésier tout à fait : la secte de Temple scolaire débarque de la Fapse avec son long cortège d’inepties, et tous ces branleurs du verbe trouvent de nombreuses bouches qui colporteront la bonne nouvelle partout où des oreilles ne demandent qu’à entendre que l’école va bien, elle va de mieux en mieux, et que ceux qui s’en inquiètent sont des réacs, des fachos, de fort mauvais sujets mâtinés d’élitisme.

Ecrit par : Jean Romain | 14.09.2008

@ A JEAN ROMAIN ET LES AUTRES....Un ptit lien...amusant...plein de nostalgie.... ;-)))))))))


http://www.charlesbeer.ch/portrait_presse_1.php

Ecrit par : COMITE ALERTE | 14.09.2008

@comite alerte

Beer champion de judo en 2005 selon PD,
mais il a pris 75 % dans le nez en septembre 2006.

Et s'il s'en prenait encore une... ce serait mérité...

Ecrit par : Dédé | 14.09.2008

Écrit par : Aux armes Genève ! | 14/09/2008

14.09.2008
Politique et prédation suite et fin
Par Pierre Béguin



Je le jure, j’avais décidé de parler d’autre chose. Mais la récente actualité – un débat, vendredi dernier au 7-8 de Radio Cité – m’incite à revenir une dernière fois sur ce sujet.

La création par Charles Beer d’une centaine de postes de directeurs dans l’enseignement primaire (avec la centaine de secrétaires en bonus et les cinq super directeurs dont les postes n’ont pas même été mis en concours) est, du point de vue pédagogique, tout à fait incompréhensible, pour ne pas dire d’une incroyable sottise: avec trois neurones et une once de bon sens, n’importe qui comprendra que, vu le manque de moyens, il eût été plus rentable pour l’efficacité de l’enseignement de renforcer le personnel sur le terrain (alors que, en réalité et malgré les dénégations de l’intéressé, pour financer ces postes, on a une nouvelle fois ponctionné les forces vives). Décision aberrante au plan pédagogique, et délire technocratique fort coûteux: alors que les anciens inspecteurs avaient près de 80 classes sous leur responsabilité, les nouveaux directeurs n’en ont qu’une vingtaine dans leur placard doré. Quatre fois moins de travail pour une paie bien supérieure! Le paradis! Merci qui?

Mais Charles Beer, ne l’oublions pas, n’est pas un pédagogue, loin s’en faut, c’est un politicien. Ses décisions ne sont donc pas pédagogiques mais politiques. Et sur ce plan, force est de reconnaître que celle dont nous parlons se justifie pleinement: une centaine de directeurs choyés, couvés, invités à des repas, bref à la solde du chef pour appliquer une politique que la population a refusée clairement et pour soutenir une réélection qui, finalement, seule compte. Gageons que l’élu quittera alors le Département de l’Instruction Publique qui ne l’intéresse guère pour un autre moins exposé. A cette fin, qu’il laisse derrière lui un marasme n’est qu’un dommage colatéral. De même, c’est dans cette seule logique politique qu’il faut comprendre l’incroyable silence de la droite libérale (elle pourtant si prompte d’habitude à s’en offusquer) face à ces dépenses aussi somptuaires qu’injustifiables.

De plus en plus, nos démocraties font la part belle à la prédation politique (avec G. Bush, les républicains américains ont poussé très loin cette logique). Certes, nous n’en sommes pas là à Genève (encore qu’avec le scandale de la BCG, nous avons fait un grand pas dans cette direction…) Mais force est de constater que, dans le domaine politique, les plus intelligents tirent les ficelles et évitent désormais de s’exposer, seuls les seconds couteaux, à quelques rares exceptions, montent au créneau. Et leur première préoccupation est d’y rester, par tous les mensonges. La plupart du temps, leur action est inutile, parfois même elle est désastreuse pour les départements dont ils ont la charge, toujours elle coûte très cher au peuple (les actuels conseillers d’état à Genève sont, à une ou deux exceptions, des représentations quasi emblématiques de ce postulat). Et pourtant, le citoyen continue de placer ses attentes dans le politique comme on attend l’amour ou Godot. Parce qu’il faut bien croire – en l’occurrence en l’idéal démocratique (moi-même qui vous écris sur le ton de la dérision, il m’arrive de croire en François Longchamp pour sauver le DIP, c’est vous dire si je rêve!)

Une chose est sûre: depuis vingt ans que ce département subit les attaques de ses prédateurs politiques, depuis vingt ans que les partis en font le siège et qu’ils s’acharnent à grands coups de bélier sur les portes de l’Institution pour en laisser entrer le clientélisme, on se demande parfois comment l’édifice tient encore debout. Peut-être faudra-t-il un jour se résoudre à en remercier les enseignants? Mais faites vite! La génération résistante part en retraite. L’hallali est proche. Le DIP tel que vous l’avez connu aura bientôt cessé d’exister et le retour sur terre sera rude pour la plupart des citoyens. Nantis mis à part…








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Mais Pierre, l’édifice ne tient plus debout depuis belle lurette, il est en lambeaux, dépecé, mais tout le monde fait comme si rien n’avait changé. Il est là le jeu : donner tête la première dans l’irréalité, faire semblant que tout continue alors qu’on a vidé l’enseignement de sa substance, qu’on a mutilé les élèves par les réformes, qu’on a transformé les professeurs en assistants sociaux et qu’on les a contraints au gardiennage, qu’on a piétiné toute autorité au motif qu’elle contredisait la liberté de l’élève. Tu te souviens, Pierre,tu te souviens : "apprendre à apprendre ", "mettre l'élève au centre", et toutes les inepties qu'il a fallu supporter.

Et nous récitons de concert le grand texte collectif : on va améliorer les choses, on va harmoniser les programmes, le bien est inévitable puisqu’on installe des critères de qualité ! Et si par hasard le réel montre encore le bout de son nez, s’il continue à bouger un peu, on a tout un arsenal de remèdes pour l’anesthésier tout à fait : la secte de Temple scolaire débarque de la Fapse avec son long cortège d’inepties, et tous ces branleurs du verbe trouvent de nombreuses bouches qui colporteront la bonne nouvelle partout où des oreilles ne demandent qu’à entendre que l’école va bien, elle va de mieux en mieux, et que ceux qui s’en inquiètent sont des réacs, des fachos, de fort mauvais sujets mâtinés d’élitisme.

Ecrit par : Jean Romain | 14.09.2008

@ A JEAN ROMAIN ET LES AUTRES....Un ptit lien...amusant...plein de nostalgie.... ;-)))))))))


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Ecrit par : COMITE ALERTE | 14.09.2008

@comite alerte

Beer champion de judo en 2005 selon PD,
mais il a pris 75 % dans le nez en septembre 2006.

Et s'il s'en prenait encore une... ce serait mérité...

Ecrit par : Dédé | 14.09.2008

Écrit par : Aux armes Genève ! | 14/09/2008

14.09.2008
Politique et prédation suite et fin
Par Pierre Béguin



Je le jure, j’avais décidé de parler d’autre chose. Mais la récente actualité – un débat, vendredi dernier au 7-8 de Radio Cité – m’incite à revenir une dernière fois sur ce sujet.

La création par Charles Beer d’une centaine de postes de directeurs dans l’enseignement primaire (avec la centaine de secrétaires en bonus et les cinq super directeurs dont les postes n’ont pas même été mis en concours) est, du point de vue pédagogique, tout à fait incompréhensible, pour ne pas dire d’une incroyable sottise: avec trois neurones et une once de bon sens, n’importe qui comprendra que, vu le manque de moyens, il eût été plus rentable pour l’efficacité de l’enseignement de renforcer le personnel sur le terrain (alors que, en réalité et malgré les dénégations de l’intéressé, pour financer ces postes, on a une nouvelle fois ponctionné les forces vives). Décision aberrante au plan pédagogique, et délire technocratique fort coûteux: alors que les anciens inspecteurs avaient près de 80 classes sous leur responsabilité, les nouveaux directeurs n’en ont qu’une vingtaine dans leur placard doré. Quatre fois moins de travail pour une paie bien supérieure! Le paradis! Merci qui?

Mais Charles Beer, ne l’oublions pas, n’est pas un pédagogue, loin s’en faut, c’est un politicien. Ses décisions ne sont donc pas pédagogiques mais politiques. Et sur ce plan, force est de reconnaître que celle dont nous parlons se justifie pleinement: une centaine de directeurs choyés, couvés, invités à des repas, bref à la solde du chef pour appliquer une politique que la population a refusée clairement et pour soutenir une réélection qui, finalement, seule compte. Gageons que l’élu quittera alors le Département de l’Instruction Publique qui ne l’intéresse guère pour un autre moins exposé. A cette fin, qu’il laisse derrière lui un marasme n’est qu’un dommage colatéral. De même, c’est dans cette seule logique politique qu’il faut comprendre l’incroyable silence de la droite libérale (elle pourtant si prompte d’habitude à s’en offusquer) face à ces dépenses aussi somptuaires qu’injustifiables.

De plus en plus, nos démocraties font la part belle à la prédation politique (avec G. Bush, les républicains américains ont poussé très loin cette logique). Certes, nous n’en sommes pas là à Genève (encore qu’avec le scandale de la BCG, nous avons fait un grand pas dans cette direction…) Mais force est de constater que, dans le domaine politique, les plus intelligents tirent les ficelles et évitent désormais de s’exposer, seuls les seconds couteaux, à quelques rares exceptions, montent au créneau. Et leur première préoccupation est d’y rester, par tous les mensonges. La plupart du temps, leur action est inutile, parfois même elle est désastreuse pour les départements dont ils ont la charge, toujours elle coûte très cher au peuple (les actuels conseillers d’état à Genève sont, à une ou deux exceptions, des représentations quasi emblématiques de ce postulat). Et pourtant, le citoyen continue de placer ses attentes dans le politique comme on attend l’amour ou Godot. Parce qu’il faut bien croire – en l’occurrence en l’idéal démocratique (moi-même qui vous écris sur le ton de la dérision, il m’arrive de croire en François Longchamp pour sauver le DIP, c’est vous dire si je rêve!)

Une chose est sûre: depuis vingt ans que ce département subit les attaques de ses prédateurs politiques, depuis vingt ans que les partis en font le siège et qu’ils s’acharnent à grands coups de bélier sur les portes de l’Institution pour en laisser entrer le clientélisme, on se demande parfois comment l’édifice tient encore debout. Peut-être faudra-t-il un jour se résoudre à en remercier les enseignants? Mais faites vite! La génération résistante part en retraite. L’hallali est proche. Le DIP tel que vous l’avez connu aura bientôt cessé d’exister et le retour sur terre sera rude pour la plupart des citoyens. Nantis mis à part…








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« Depuis vingt ans que ce département subit les attaques de ses prédateurs politiques, depuis vingt ans que les partis en font le siège et qu’ils s’acharnent à grands coups de bélier sur les portes de l’Institution pour en laisser entrer le clientélisme, on se demande parfois comment l’édifice tient encore debout. »

Mais Pierre, l’édifice ne tient plus debout depuis belle lurette, il est en lambeaux, dépecé, mais tout le monde fait comme si rien n’avait changé. Il est là le jeu : donner tête la première dans l’irréalité, faire semblant que tout continue alors qu’on a vidé l’enseignement de sa substance, qu’on a mutilé les élèves par les réformes, qu’on a transformé les professeurs en assistants sociaux et qu’on les a contraints au gardiennage, qu’on a piétiné toute autorité au motif qu’elle contredisait la liberté de l’élève. Tu te souviens, Pierre,tu te souviens : "apprendre à apprendre ", "mettre l'élève au centre", et toutes les inepties qu'il a fallu supporter.

Et nous récitons de concert le grand texte collectif : on va améliorer les choses, on va harmoniser les programmes, le bien est inévitable puisqu’on installe des critères de qualité ! Et si par hasard le réel montre encore le bout de son nez, s’il continue à bouger un peu, on a tout un arsenal de remèdes pour l’anesthésier tout à fait : la secte de Temple scolaire débarque de la Fapse avec son long cortège d’inepties, et tous ces branleurs du verbe trouvent de nombreuses bouches qui colporteront la bonne nouvelle partout où des oreilles ne demandent qu’à entendre que l’école va bien, elle va de mieux en mieux, et que ceux qui s’en inquiètent sont des réacs, des fachos, de fort mauvais sujets mâtinés d’élitisme.

Ecrit par : Jean Romain | 14.09.2008

@ A JEAN ROMAIN ET LES AUTRES....Un ptit lien...amusant...plein de nostalgie.... ;-)))))))))


http://www.charlesbeer.ch/portrait_presse_1.php

Ecrit par : COMITE ALERTE | 14.09.2008

@comite alerte

Beer champion de judo en 2005 selon PD,
mais il a pris 75 % dans le nez en septembre 2006.

Et s'il s'en prenait encore une... ce serait mérité...

Ecrit par : Dédé | 14.09.2008

Écrit par : Aux armes Genève ! | 14/09/2008

Je crois bel et bien que Charles BEER est non seulement pas un pédagigue mais encore qu'il est incapable de réfléchir sainement.

Mais que voulez vous aujourd'hui il n'y a pas que l'instruction qui est en lambeaux mais le PS qui n'est plus habité que par des fantômes ou des fantoches.

Le fantôme de Chavannes pour commencer, celui de Tronchet et de quelques autres véritables socialistes avec des convictions populaires. AUjourd'hui le PS est un repère de profiteurs et de gagent petit qui sont tellement content d'être dans le fromage qu'ils y font des cavernes. Mouchet par exemple, si le PS avait encore un minimum de pudeur il exigeraient sa sortie immédiate.

Le fantoches, on commencera par le premier visé de ce blog, BEER. Pas pétrole mais pas d'idées non plus! Un bon bureaucrate entourés de scribes douteux qui ne voient les administrations que par les superstructures. Il y a aussi ceux qui se disent Genevois mais qui, dans les faits sont des "bernois", Roth-Bernasconi, Sommaruga, Mauri-Pasquier toute cette bande qui est totalement incapable de réfléchir de façon autonome, il leur faut Maman Helvétie pour les sauver.

Mais en réalité ces triste personnages, vendeurs de rêves et de boniments ne sont-ils pas tous les enfants de Chavannes. Tout envoyer valser pour mieux refondre une société collectiviste ayant perdu tout sens de l'inistiative individuelle?

Pour ce qui concerne ceux qui veulent une Genève demain sera forte qui saura se faire entendre et respecter, il faut effectivement sortir l'instruction des griffes des politiques de toute urgence.

Une question pourquoi Messieurs DUVAL et ROMAIN ne se lancent-ils pas? et Marion? autant de personnalités qui seraient à la fois compétentes et sans arrière pensée électorale.

Du courage, les élections ne sont que dans une année!

Écrit par : jules | 14/09/2008

L’ INVITÉE

Directeurs d’école primaire: le débat pédagogique en danger
En nommant 93 directeurs dans les écoles primaires, M. Beer veut: «rapprocher l’autorité scolaire pour rendre l’école plus efficace». Si une hiérarchie trop éloignée de sa base peut induire des problèmes de communica­tion, une hiérarchie trop proche perd son autorité et génère des conflits. D’après les anecdotes qui circulent dans les écoles, ceux-ci pointeraient déjà à l’horizon… Comment les directeurs pourront-ils à la fois stimuler les équipes enseignantes, assu­rer la gestion administrative et évaluer les enseignants ? Quel enseignant osera s’expri­mer face à son supérieur si l’institution impose «un débat constructif» ?

Pour qu’il y ait débat, ne faut-il pas des libertés qui puissent s’exposer et se con­fronter sans enjeu de pouvoir ou de domi­nation? Par conséquent, loin de favoriser le dialogue professionnel, les directeurs as­phyxieront encore davantage le débat péda­gogique, déjà bétonné par le fameux «de­voir de réserve» des enseignants.

Un autre effet de cette réforme est qu’au moindre conflit dans les écoles, on sera enclin à faire appel au directeur. Ce recours à une autorité – qui est là, «sous la main» – peut paraître à première vue un avantage institutionnel, mais il va exacerber en fait les réactions émotionnelles et éroder l’auto­rité de l’enseignant.

Du reste, n’est-il pas surprenant que, sur un territoire exigu comme celui de Genève et à une époque où des techniques d’échange s’exercent dans une immédiateté qui réduit les distances (téléphone, fax, ordinateur), l’encadrement de proximité de­vienne un argument politique décisif qui justifie qu’on lui consacre tant d’argent ?

Car donner aux directeurs entre 113 500 fr. et 156 000 fr. par an (classe 24) n’est pas rien! Ce traitement peut être plus élevé que celui d’un Professeur Chargé de cours à l’ Université de Genève (classe 23). Point n’est besoin d’être économiste pour saisir que la somme consacrée aux direc­teurs mange une part non négligeable du budget éducatif.

Incontestablement M. Beer a la compé­tence, en tant que Chef du Département de l’instruction publique, d’organiser son Dé­partement comme il l’entend. Il est libre aussi de disposer de son budget dans les limites de l’enveloppe votée par le Parle­ment. Néanmoins, nombreux sont les ci­toyens qui déplorent que M. Beer n’ait pas profité de la diminution des effectifs au primaire pour cibler d’autres priorités qu’une augmentation des structures hiérar­chiques.

Aussi, la nomination de directeurs d’école – qui s’est faite dans la hâte - ne constitue pas, comme l’affirme M Beer (voir «L’ Invité», Tribune du 6 septembre), un «progrès incontestable» et une «démarche de modernisation».

D’ailleurs où est la modernité? Cette expérience de directeurs d’école n’a-t-elle pas déjà été tentée à Genève en 1930? L’histoire des réformes scolaires (et les historiens de l’éducation le savent!) est une histoire qui bégaie.

Sur ce point, à Genève tout particulière­ment, on a l’habitude de voir les réformes scolaires qui lassent, qui passent et qui cassent… Il n’est donc pas exclu que la réforme de M. Beer, qu’il qualifie lui-même de «réforme historique», soit balayée par son successeur qui ambitionnera de «mo­derniser le système scolaire».



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MICHÈLE ROULLET
DOCTEUR EN SCIENCES DE L’ ÉDUCATION SPÉCIALISTE DE L’ HISTOIRE DE LA PENSÉE PÉDAGOGIQUE
« L’histoire des réformes scolaires (et les historiens de l’éducation le savent!) est une histoire qui bégaie
»

Écrit par : Michèle Roullet, enseignante enfantine à Malagnou | 05/10/2008

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