04/05/2008

Vacances scolaires: une répartition à revoir

823601822.jpgLa répartition des 13 semaines de vacances à l'école obligatoire genevoise est totalement déséquilibrée. En cette année 2008 la constation est particulièrement évidente. Entre les vacances de Noël et de février se sont écoulées 5 semaines, et entre ces dernières vacances et le congé du printemps (Pâques) les élèves ont eu 4 semaines et demie de cours! Par contre jusqu'à la fin de l'année scolaire (28 juin) il leur reste 13 semaines de cours ininterromupues autrement que par quelques ponts...


Dans d'autres cantons les répartitions se font de manière plus équilibrée. Les vacances de printemps ne s'alignent pas nécessairement sur les fêtes de Pâques. Ce qui importe, c'est un bon équilibre entre le nombre de semaines de cours et de vacances, une condition sine qua non pour un travail scolaire efficace!

Par ailleurs nombreux sont les enseignants qui constatent à Genève que de plus en plus de parents décident de partir avec leurs enfants en dehors des congés officiels. Notamment pour profiter de tarfis de billets d'avion et d'hôtels nettement plus favorables... C'est ainsi qu'à la veille des vacances de Pâques, les élèves absents du lundi au mercredi ne sont plus un exception. Parfois avec l'accord de la direction sur des motifs fallacieux ou discutables (stupeur de l'enseignant lorsqu'il apprend que l'élève se trouve aux Seychelles...) ou alors sans prévenir, quitte à proposer au retour des excuses aussi farfelues que difficilement vérifiables ou même des certificats de maladie de complaisance...

Pourtant la loi est claire: l'école est obligatoire, toute absence prévisible doit faire l'objet d'une demande de congé officielle, qui peut être refusée. Rares sont pourtant les directions qui osent prononcer un tel refus, parce que :" Si l'on refuse, les parents partent quand-même!" La hiérarchie paraît renoncer à appliquer la loi, pour éviter les conflits. Curieux messge éducatif, non ?

Une répartition des congés scolaires mieux équilibrée et pas forcément liée aux fêtes officielles pourrait cependant prendre en compte également les nécessités de l'étalement, en choisissant d'autres dates que celles de tout le reste de l'Europe par exemple.

Deux semaines entières au printemps et pas nécessairement à Pâques, plus les jours fériés officiels de Pâques et deux semaines en automne, à la place d'une seule, répartirait le tout de manière équilibrée, quitte à supprimer environ deux semaines en été, comme c'est le cas en Suisse alémanique. Il est souvent difficile pour les parents d'occuper intelligemment leurs enfants pendant une si longue période estivale et les jeunes s'ennuient au bout de quelques semaines de congé.

N'oublions pas non plus d'offrir le pont lors de l'Ascension et du Jeûne genevois, car se sont également des moment privilégiés pour certains parents qui veulent partir et qui partent de toute façon. Une telle répartition pourrait être que bénéfique à tout le monde !

 

 

12:12 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

Je suis tout a ait d'accord avec vous. Bravo !

Écrit par : Bielser | 08/05/2008

Marci !

Écrit par : Marion Garcia | 08/05/2008

Merci d'être claire et compréhensible pour tout parent normal.

De là surgit une question, la pratique aberrante actuelle n'est-elle que le fait d'une bande d'illuminés déconnectés des réalités du monde reel ou est-elle le fruit, apparemment un peu trop mûr de la rélfexion des politiques obstruent la clareté dans ce département?

Merci de tenir les citoyens de cette République înformés de l'intérieur. Sans vos informations, c'est le noir absolu de la part des directions de l'enseignement à Genève.

Écrit par : patrick dimier | 14/05/2008

Chère Marion,

Que de bon sens dans vos propositions !

Un seul hic, toutefois, pour répondre à M. Dimier : si les vacances ont lieu au Jeûne genevois - ce jeudi qui coupe l'élan de la rentrée -, à Noël et à Pâques, ce n'est nullement la faute d'une bande d'illuminés ou de politiciens incompétents, mais en raison de la répartition des fêtes religieuses. Or Pâques est une fête mobile, et cette année elle tombait très tôt. Prenons garde à ne pas accuser nos autorités scolaires de plus qu'elles n'ont à se reprocher, elles sont déjà dans une tourmente dont elles sont certes en partie responsables, mais en partie seulement. Maint enseignant pourrait vous parler longuement des exigences et des attitudes de certains parents, pour qui il semble aller de soi que l'école s'adapte à tout ce qui leur convient, mais eux, à rien de ce qui les dérange...

Je serais le premier à souhaiter que, dans un Etat laïque comme le nôtre, l'école adopte un calendrier fondé sur des rythmes plus équilibrés pour les profs et les élèves (disons environ huit semaines de cours, puis une période de repos). D'autant plus que, les autres groupes religieux revendiquant de plus en plus fermement des passe-droits pour leurs propres fêtes, nous nous verrons bientôt, par souci d'égalité de traitement, devant l'impossibilité de leur refuser ce qu'on accorde aux seuls chrétiens. Nous aurions alors, par grappes de coutumes (on peut préférer ce terme à celui, dévoyé, de "cultures"), beaucoup plus de fêtes chômées que ce n'est le cas actuellement.

Il faut donc souhaiter que les lobbies religieux ne se mettront pas à pousser des cris d'orfraie si l'on touche à leurs sacro-saintes fêtes, fût-ce pour des raisons pratiques, et non par anticléricalisme. Mais vous verrez, il ne sera pas plus facile de séparer l'école et la coutume que de séparer l'Etat et les Eglises, même si c'est la solution la plus sage.

Restent les vacances d'octobre et de février - les premières jadis ouvertes pour que les enfants puissent aider leurs parents à la récolte des patates. Vous conviendrez qu'on ne voit plus guère d'enfants trimer dans nos champs de nos jours, même si on peut penser que cela ne leur ferait pas de mal parfois. Mais si elles tombent au bon moment, pourquoi pas. Et puis elles ne dépendent pas de telle ou telle coutume particulière, mais de l'autorité de l'Etat, qui en principe, hormis quelques fêtes nationales historiques ponctuelles, peut les disposer à bon escient.

Quant aux vacances de février, plus récentes, elles pourraient aussi se justifier pour des raisons semblables, à condition d'être mieux placées que cette année. Elles auraient été inaugurées pour permettre aux stations de faire le plein de skieurs en fin d'hiver, tout en offrant à nos têtes blondes l'occasion d'aller taquiner la poudreuse. C'était oublier que tous ne peuvent pas se l'offrir et que d'autres préfèrent les Maldives. Mais la perfection, n'est-ce pas, n'est pas de ce monde. En tout état de cause, essayez seulement de toucher à ces vacances-là : c'est les parents les mieux lotis que vous verrez monter au créneau ! Et ils sont plus influents que les parents socialement moins avantagés.

En somme, il faudra prendre des décisions et les maintenir, au risque de perdre des voix ou des sympathies, d'un côté ou de l'autre.

Je me prends à rêver certains matins que les citoyens genevois, par un beau jour, décident de mettre l'intérêt des institutions, ici celui de leurs enfants, au-dessus de leurs petites habitudes.

Bien entendu, ce n'est qu'un rêve.

Écrit par : yves scheller | 14/05/2008

Bravo pour votre proposition.

Ce qui se passe cette année est la démonstration de l'absurdité du système actuel.

Certains pays et cantons ont déjà amélioré la répartition de leurs vacances scolaires.

Faudra-t-il une nouvelle initiative populaire pour faire évoluer notre école ?

Écrit par : Patrice Delpin | 16/05/2008

Pauvres petits chéris qui n'ont pas assez de vacances !!!
J'ai fait toutes mes écoles à Genève des classes enfantines à l'Ecole de Commerce en passant par l'Ecole Supérieure de Jeunes Filles (Collège de l'époque)
Nous n'avions que 1 jours et demi de vacances de patates, 2 semaines à Noël,
10 jours à Pâques, RIEN EN HIVER, et aucun pont ni 1er mai, ni Ascension, ni samedi matin .... et nous sommes là, nanti d'une profession, les pieds bien sur terre et bien dans notre tête et pas si FATIGUE QUE CELA !!! si ce n'est le poids de l'âge !
Maintenant ces vacances réclamées à grands cris, ne serait-ce pas plutôt les parents et les enseignants qui sont en manque ....
Encore une réflexion : à voir le niveau intellectuel à la sortie de la scolarité obligatoire, on peut comprendre que de nombreux jeunes ne trouvent ni apprentissage, ni boulot.
Bonnes vacances à tous !

Écrit par : Leclerc | 17/05/2008

Je comprends tout à fait votre position que je partage en tout cas au sujet du niveau des élèves à la sortie de la scolarite obligatoire. Mais je ne proposais nullement de rallonger les vacances, mais simplement de les répartir différemment et surtout de racourcir aussi les vacances d'été...
Et comme beaucoup de parents ne se conforment malheureusement plus aux lois et que l'autorité scolaire n'a que peu de "poigne", une répartition différente pourrait peut-être régler le problème, au moins en partie.
D'autres cantons en Suisse répartissent les vacances d'une manière plus intelligente et considérant que Genève pense toujours être à la pointe de la pédagogie mais obtient de bien moins bons résults (cf. PISA), il faudrait peut-être que ce canton devienne un peu plus modeste et il ferait mieux de regarder comme d'autres cantons Suisses fonctionnent, sans toujours vouloir imiter un certain pays voisin...
Malheureusement les jeunes n'y sont pour rien, c'est les parents qui n'ont souvent plus assez d'exigences vis-à-vis de leurs enfants !!! D'où provient la majeure partie du problème !

Écrit par : Marion Garcia | 17/05/2008

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